Affichage des articles dont le libellé est Notre démarche. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Notre démarche. Afficher tous les articles

jeudi 24 janvier 2019

Rendez-vous à Angoulême !


Pour ceux qui auront la chance d'être vers Angoulême les jours prochains, retrouvez-nous dès demain à son 46ème festival international de la BD.

Voici le planning de présence sur la stand de l'Harmattan BD:









dimanche 21 mai 2017

La collec' se développe

Comme vous le savez, la Case Blanche sera éditée par L'Harmattan BD et nous sommes heureux de voir que cette collection continue à se développer. Viennent de paraître ces derniers mois la suite des pérégrinations d'Alphonse Madiba dit Daudet, dont le premier tome figure parmi les best-sellers de la collection, le Mamie Denis de Christophe Ngalle Edimo  et Al'Mata,  et pour finir, tout récemment, la réédition d'une BD africaine des années 80, Cap sur la Capitale, qui nous raconte l'exode rural au Congo au travers des aventures de Nyangara et Fataki.
Grande nouveauté depuis les derniers albums, les couvertures sont devenues rigides et cartonnées. L'idée est bien sûr d'harmoniser la présentation des ouvrages selon le canon de la profession en Europe (même si la couverture souple avait aussi ses bons côtés, il faut bien avouer que ces nouvelles couv' rigides sont tout simplement superbes !).




Pour revenir sur Alphonse Madida dit Daudet, un bel album regroupant les deux tomes est sorti en même temps que le second volume, préfacé par le rappeur Maître Gims himself.
Les lecteurs assidus pourront noter au gré des nouvelles planches ajoutées à la suite de la première aventure la banderole "TOUNKAR'ART MASS", sympathique clin d'œil à l'ami Massiré. :)


dimanche 31 mai 2015

L'Harmattan BD



Ici, et encore ici, nous vous avons raconté en long en large et en travers comment notre projet avait fini par être accepté dans la collection l'Harmattan BD. Il est grand temps maintenant de vous présenter un peu plus avant la collection en question.

L’aventure en elle-même commence fin de la décennie précédente par une simple constatation de Christophe Cassiau-Haurie, futur directeur de la collection: il y a beaucoup d’auteurs de bandes-dessinées en Afrique mais peu d’ouvrages édités, et ce décalage est d’autant plus criant en France, pays fort de ses bédéphiles et de sa diaspora africaine.
A peu près à la même époque, le même Christophe Cassiau-Haurie est missionné par le Ministère des Affaires Etrangères français et par le Comité du Cinquantenaire des Indépendances Africaines pour organiser à Paris un salon de la BD à l’occasion des 50 ans de la décolonisation de l’Afrique de l’Ouest.
N’y voyant là qu’un signe supplémentaire qu’entre les rayons d'albums franco-belges, de mangas et de comics, il doit bien y avoir de la place pour des BDs sur l’Afrique faites par des africains, Christophe Cassiau-Haurie prend son bâton de pèlerin pour lancer une collection sur le thème de l’Afrique et va frapper à de nombreuses portes de maisons d’édition avant d’obtenir l’accord des éditions L’Harmattan.


C’est ainsi qu’en décembre 2010, les 3 premiers albums de l’Harmattan BD sortent à l’occasion de ce Premier Salon de la Bande Dessinée Africaine organisé à la mairie du Vème arrondissement de Paris et auquel sont venus participer 25 auteurs de BDs venus de France, de Belgique et d’Afrique.

A l’heure actuelle, la collection regroupe pas moins de 24 ouvrages, dont vous pouvez admirer les couv' dans l'image ci-dessous (le tout dernier, Lamsari et le trésor des Oudayas, vient juste de sortir), et c'est au total 40 à 50 auteurs qui ont ainsi vu leurs histoires être éditées après être passées au travers des fourches caudines d'Hobopok, le directeur artistique inflexible de la collection.

On est bien sûr loin des ventes des albums sortis chez les majors de la profession, mais leur édition permanente permet d'atteindre avec le temps des scores de ventes honorables.  Et puis, à son échelle, la collection connaît aussi quelques succès commerciaux comme Chroniques de Brazaville, Sommets d'Afrique - dont on vous a parlé ici - ou encore le tome 1 du Retour au Pays d'Alphonse Mabida dit Daudet *.

Bref, on est on-ne-peut-plus heureux que les couvertures des deux tomes de la Case Blanche viennent un jour se rajouter à celles ci-dessus.


* Patientez un peu, le tome 2 est en cours de réalisation.



dimanche 15 février 2015

Jusqu'au jour où... (épisode 3 :"Du fatalisme et de l'espoir")

Les premières réponses des maisons d'éditions suite à l'envoi de notre dossier mirent des semaines à arriver et elles furent des refus, bien évidemment. Toutefois, il faut reconnaître qu'à quelques exceptions près, il ne s'agissait pas de lettre-type et quelques unes furent même encourageantes. La justification de la "ligne éditoriale" fut de mise mais de manière parcimonieuse; dans ces cas là, lorsque l'on vous fait un compliment au milieu d'un refus, vous vous sentez comme dans cet entretien d'embauche au cours duquel le patron ou le DRH met en avant vos qualités, vous fait comprendre qu'il a compris et admire votre parcours avant de vous raccompagner gentiment mais fermement vers la sortie: la question de la mystification continue tout de même de vous hanter.

Il convient cependant ici de remercier les éditeurs, souvent les plus "petits" mais pas uniquement, qui ont pris le temps de nous répondre personnellement, de nous donner quelques conseils ou avis, bref de répondre humainement au sein d'un processus de sélection qui, on s'en doute vu le nombre toujours grandissant des sorties annuelles, n'est pas tendre avec les petits nouveaux.
 
Cette suite de refus fut un moment non pas de douleur ou de découragement, mais un mélange doux amer teinté de fatalisme et d'espoir dans les maisons d'éditions restantes.


 Jusqu'au jour où...

Jusqu'au jour où la collection "L'Harmattan BD", qui avait déjà édité l'ami Mass, a eu la folie d'accepter notre projet et de nous faire signer un contrat.
 
Ce jour là, vous pouvez nous croire, fut un jour de soulagement et de reconnaissance. Les pieds ne quittent pas le sol pour autant, car vous savez que vous allez devoir vous remettre au travail pour peaufiner des scènes, revoir des dialogues ou des découpages mais à partir de ce jour là, de l'instant où vous apposez votre signature sur ce satané contrat d'édition, tout se fait avec beaucoup plus de légèreté et de satisfaction.
 
Voilà... Cette série de 3 posts, vous l'avez compris, a été rédigée pour vous annoncer que si tout se déroule comme prévu, La Case Blanche pourra se retrouver un de ces jours sur les étagères de votre bibliothèque ! ^^

dimanche 25 janvier 2015

Jusqu'au jour où... (épisode 2: "De la chasse aux éditeurs")

Trouver un éditeur professionnel implique différentes techniques allant d'un certain copinage à la chance. Pour provoquer celle-ci, il est bon de suivre une voie "classique". Si de nos jours des écoles spécialisées pour futurs auteurs de bande dessinée se montent (sur un modèle japonais ?), si Internet permet de se faire plus ou moins remarquer, si les réseaux sociaux offrent la possibilité d'accéder à un large public, nous sommes d'une génération un peu plus prosaïque peut-être (bien que vous ayez peut-être eu accès à  ces lignes depuis l'un de ces réseaux sociaux, ce qui ne nous place pas encore dans la catégorie des ringards) et nous optâmes donc, comme vous le savez, pour l'envoi d'un dossier à divers éditeurs.
 
Un dossier de ce type peut se construire autour du scénario seul (ce n'est pas le plus recommandé du fait du manque de supports et du peu de dessinateurs spontanés disponibles sur le marché, pour le dire vite) ou autour des dessins seuls (bien que moins épineux les obstacles sont les mêmes dans ce cas). Le mieux est donc de faire parvenir un dossier comprenant un résumé de l'histoire, des exemples dialogués, des esquisses de personnages et de décor, et quelques planches terminées. C'est ainsi que nous avons envoyé le nôtre aux plus grandes maisons d'éditions connues et reconnues, ainsi qu'aux plus minuscules, en y joignant même un épais document relié au format A5 comprenant la totalité du scénario (de quoi passer de longues heures devant sa cheminée...).
 
A ce stade on sait que si le projet plaît on aura droit à un coup de fil ou à un mail plus rapidement que si le projet ne plaît pas, auquel cas le coup de fil est à oublier, alors que le mail ou la lettre de refus courtois sont des options conventionnelles.

Les jours passent, alors que le dessinateur trime sur des planches improbables en attendant une nouvelle positive, on finirait presque par oublier que l'on doit se souvenir d'oublier d'attendre pour ne pas avoir à en souffrir, ou quelque chose comme ça...
 
Puis arrivent les premières réponses des maisons d'édition...
 

dimanche 4 janvier 2015

Jusqu'au jour où... (épisode 1: "de l'usure des dessinateurs")

 
Au départ, il y a toujours l'euphorie de partager une idée et que l'autre la trouve bonne. L'euphorie se galvanise et la première étape est franchie: le projet vient d’être posé sur ses rails, rails qui s'avèreront bien plus longs au final que ce à quoi vous vous imaginiez depuis le quai de la gare de départ.
 
Les jours, les semaines, les mois, les années s'accumulent, le projet change de forme, de taille, d'ambition, prend des vacances plus ou moins prolongées, histoire de voir si l'accumulation de poussière le rend meilleur ou non. Pendant tout le processus, le plaisir ne vous quitte pas : réflexion et remise en question permanentes, découpage, écriture et relance de "l'autre" qui arrive toujours à point nommé quand le doute saisit. Toutes ces étapes sont loin d'être inintéressantes d'un point de vue personnel, car elles tranchent véritablement avec l’idée plutôt répandue de celui qui va directement de l'idée à la réalisation sans passer par l'étape des mille et un brouillons nécessaires à la satisfaction finale.
 
Dans le même temps, il ne faut pas oublier de chercher un dessinateur: vous en trouvez un, vous en trouvez même plusieurs et puis ils ont une vie, comme on dit, et ça demande du temps, de l'investissement, des sacrifices que de passer des heures à créer des planches, à revenir sur des personnages et des dessins. Eh oui, dans la réalité, on est bien loin de l'excellente performance (au sens anglo-saxon du terme) que déroulent les gars Franquin, Morris, Peyo et Roba dans ce petit film de 1971.



Bref la première greffe de dessinateur ne prend pas, ni la seconde, ni la troisième... Et tout cela prend des années, puis un jour, vous trouvez le bon, celui avec lequel le courant passe malgré les milliers de kilomètres et le temps qui passe inexorablement.  

Vous savez alors que l'étape d'après ne sera pas la plus facile: il va falloir sérieusement vous mettre en chasse d'une maison d'édition... 
 

dimanche 9 février 2014

Reste plus qu'à embarquer



Prendre la décision de transposer notre histoire avec tous ses personnages en pleine Afrique coloniale n’a pas été sans contrainte. Nous avons passé, en particulier, beaucoup de temps à peaufiner des situations et des dialogues de ce que nous nommerions aujourd’hui un « racisme ordinaire » et qui à l’époque revêtait l’apparat de la normalité. 
Les contours d’un personnage comme Moïse représentent les paradoxes qui furent les nôtres, ne pas tomber dans une lecture contemporaine, ne pas légitimer, ne pas dénoncer, pour mieux raconter.
Il est facile - puisqu’évident - de dire que nous ne partageons pas les considérations de nos personnages, mais il a fallu nous renseigner. Nous avons usé une ou deux cartes de médiathèque en emprunts de documents sur l’époque, sur les mœurs, les coutumes, les relations, les entreprises, l’économie, le climat …on vous épargne.
Ça n’évite en rien l'appréhension lorsque vous proposez le tout à un dessinateur Malien. Son acceptation nous rendit tout simplement fiers, notre histoire tenait suffisamment la route, l’univers décrit était crédible.

Quel rapport entre ces préoccupations sommes toutes logiques et normales et le croquis de Massiré ci-dessous me direz-vous ?
L’aspect tangible de l’univers de La Case Blanche, tient tout entier dans ce croquis. Vous passez des heures la tête dans les livres et Massiré nous livre une pirogue sur un fleuve, embarcation dont les seules couleurs sur la proue prouvent la vitalité de l’histoire.

Reste plus qu’à embarquer.

dimanche 29 décembre 2013

Du découpage et du cadrage (2ème partie)


Comme nous avions commencé à vous l'expliquer précédemment, proposer sur le papier un découpage des planches en gaufrier est une chose aisée; mais ne pas devoir en sortir par exemple pour donner du corps à une bagarre, ça demande plus de doigté, surtout lorsque vous n'êtes pas dessinateur. Certains de nos voisins pourront témoigner de nous avoir vu mimer en pleine rue tel ou tel enchaînement de gestes, d'avoir pris des photos dans telle ou telle pose, afin de trouver le meilleur angle, quelque chose qui soit entre les limites du possible et du lisible.
Or, il faut bien l'avouer, à ce stade ce n'est rien qu'une vue de l'esprit, presqu'un jeu dans lequel vous vous prenez au sérieux. Noter que le personnage est en gros plan, que l'on voit son poing sortir de l'ombre, qu'il a l'air hargneux (mais pas trop), que le soir tombe comme un voile de misère sur la ruelle déserte la poussant dans les retranchements de sa verticalité sinistre, c'est joli, ça donne des ailes et ça sort des ornières narratives à la va-comme-j't'pousse. Surtout qu'en tant que scénariste, on réfléchit, on remâche, on interroge la cohérence du tout mais rarement les choix graphiques qui n'ont finalement que peu de sens à ce niveau de la réalisation. Vous n'écrivez pas un roman, n'êtes pas là pour faire du style, mais pour apporter un support cohérent au potentiel dessinateur.
Ce n'est qu'une fois que ce dernier prend enfin les choses en main, qu'il suit vos descriptions pour les extraire du monde des idées et les modeler en un tout cohérent, qu'il ajoute sa patte avec tout son savoir-faire, ce n'est qu'une fois que vous voyez les planches finales tomber les unes après les autres qu'un sentiment de grande jubilation s'empare de vous.

Finalement, vous avez bien fait de passer pour un fou auprès des vos voisins.

dimanche 15 décembre 2013

Du découpage et du cadrage (1ère partie)


En bande dessinée, la question du cadrage semble plutôt réservée au seul dessinateur. Dans notre cas, il se trouve que nous avons écrit cette histoire en y incorporant volontairement un découpage strict (nous vous en avons déjà parlé ici) et que ceci ne s’avère pas sans conséquence sur le cadrage, justement. Du coup, il nous a fallu réfléchir sur ce point bien en amont de la phase de réalisation pour que tout ça colle ensemble.
Si notre choix de mise en page nous a permis de faire quelques hommages plus ou moins appuyés, il faut bien admettre que ce genre d'exercices ou de clins d'œil ne sont qu'exception au sein de l'ouvrage en lui-même. La plupart du temps, il a fallu résoudre des problèmes d'ordre visuel et narratif sous le joug de nos propres contraintes (que l'on trouve "à la con" dans ces moments là).




Parce que figurez-vous (c'est le cas de le dire) que la majorité des bandes dessinées contemporaines a brisé depuis longtemps le carcan de la case; elles naviguent désormais dans la « liberté cinématographique » ce qui permet, à peu de frais, de faire des « effets ». Certains s’avèrent chouettes, comme par exemple dans la planche ci-dessus (tirée de "The Swamp Thing", pour les amateurs de bons comics). Mais il faut faire très attention de pas tomber dans l'esbroufe facile pour appâter le chaland et combler des vides. 
C'est après-coup, en devant renoncer à certaines de ces facilités que nous nous sommes vraiment aperçus de la difficulté de l'entreprise.

Mais on vous racontera ça avec plus de détails dans un tout prochain post…


dimanche 3 novembre 2013

Dernière ligne droite

Bien souvent, un site ou un blog ayant pour sujet principal une création artistique a la double volonté de tenir informés ses lecteurs des dernières avancées du projet et d’expliciter les sources qui ont œuvré dans l’arrière boutique.


Reste que l’on parle peu des démarches menant de la création, à proprement parler, à sa publication. Dans le cadre d’une bande dessinée, plusieurs chemins sont possibles : la publication confidentielle fonctionne encore, le réseau d’amis également - même sans passer par Facebook, c’est dire ! - et puis ce qu’il serait bon de nommer "la voie normale".

 
Pour avoir la chance de faire éditer une bande dessinée, il faut s’armer de patience car tous les éditeurs reçoivent énormément de dossiers chaque jour. Comme il s’agit de candidatures artistiques, il va de soi qu’il y a d’un côté le "canon" attendu et de l’autre le "coup de cœur" possible. La forme canonique d’un dossier – celle que nous cherchons ici à approcher au plus prêt - se compose d’un résumé de l’histoire, d’un séquentiel, de descriptions rapides des personnages principaux, de quelques planches "terminées" (entendez ici "qui correspondent à ce que les auteurs potentiels considèrent comme le rendu final de leur projet"), des esquisses de décors et de personnages. Le coup de cœur, on s’en doute, repose plus sur le choc émotionnel provoqué par la vision d’un dossier, fut-il canonique ou non. Bien évidemment un dessinateur a bien plus de chance d’être "repéré" qu’un scénariste – ce qui en dit peut être long sur une certaine perception de cet art, mais loin de nous la volonté de faire polémique.


A ce jour (sonnez trompettes!), nous entrons enfin dans la dernière ligne droite de la construction de notre dossier. Ensuite viendra la longue marche auprès des éditeurs...

dimanche 14 avril 2013

Filiation potagère (épisode 2)


Dans un post précédent, nous avions commencé (très humblement) à vous donner notre vision de la fameuse phrase de Candide « il faut cultiver notre jardin », tout en vous promettant de vous détailler les deux méthodes que nous avions entrevues pour cela: 

« 1001 trucs et astuces pour faire pousser vos plantes et vos fleurs », voilà la première ! Celle-même qui fait le bonheur des libraires dès que se pointent les premiers rayons de soleil (avec celle pour perdre le pneu – neige - accumulé sur nos abdominaux d’acier durant les longs mois hivernaux) : Elle consiste à suivre scrupuleusement les différents chapitres du manuel du parfait jardinier. 

Le second procédé est plus expérimental. Il nécessite de s’être promené dans les jardins des autres avec le regard attentif, ou bien plus simplement de garder l’œil ouvert et l’esprit vif sur ce que fait Dame Nature en matière de botanique. Un des dangers de cette façon de faire est évidemment de tomber dans le plagiat, alors que l’objectif de la méthode n°2 n’est "que" l’inspiration



Comme on vous l’a déjà expliqué, nous avons sans doute plus été sensibles à cette dernière, mais il ne faut pas pour autant non plus dénigrer la première : quelques conseils piochés judicieusement dans les ouvrages de référence donnent la structure nécessaire au projet et ils permettent d’éviter quelques uns des revers qui peuvent s’avérer fatals. Et ce ne sont pas les occasions de tomber sur un os qui vont manquer, avec à chaque fois l’ombre du renoncement comme issue apaisante. 

Paradoxalement, de la phrase de Voltaire dont on vous parlé en introduction, c'est les mots  « cultiver » et « jardin » qui sont généralement retenus; on a même tendance à la reformuler en « il faut cultiver son jardin ». Alors que le moteur de tout cela, celui qui fait redémarrer le motoculteur quand le terreau s’avère stérile, qui fait arracher la mauvaise herbe, rebêcher et ressemer après le passage de la tempête, ce moteur-là, pour nous, il est définitivement dans le « notre ». 

Depuis le « chiche ! » initial, le temps a pas mal passé. Et puis, de rencontre en rencontre nous avons eu la chance de trouver Massiré qui est venu s’atteler avec nous au soc de la Case Blanche et qui a su apporté ce qu’il manquait à notre idée : des traits pour la dessiner




dimanche 17 mars 2013

Filiation potagère (épisode 1)

 
Avant que l’on commence à s’atteler au projet de La Case Blanche, nous avions écumé pas mal les librairies et les bibliothèques, ce qui nous avait permis d’acquérir comme beaucoup un certain bagage sur le neuvième art. Il faut dire que c’était plus facile avant, l’offre était alors bien moindre qu’actuellement et on pouvait suivre l’actualité de la BD (tâche quasi-impossible de nos jours si on n’y passe pas tout son temps de loisir). Nous discutions ainsi régulièrement de l’intérêt des parutions du moment ou commentions à l'envie le dernier album de tel auteur.

La critique est aisée, mais l’art est difficile : au bout d'un moment, il a bien fallu se rendre compte à l'évidence de la maxime. Et à bien y réfléchir, c'est dans le « chiche ! » qui a suivi qu'est l’impulsion première de notre projet.
Ensuite, pour définitivement démarrer notre motoculteur, il ne restait plus qu'à lui raccrocher une bonne idée.

Des idées, on en a tous les jours, des bonnes idées c’est un peu plus rare mais ça se trouve tout de même assez facilement. Le plus délicat, c’est de parvenir à « en faire quelque chose », à la faire vivre, à lui trouver un terreau adéquat, ni trop gras, ni trop acide, ni trop calcaire, lui fournir de l’eau de qualité en quantité suffisante et puis, surtout, lui dénicher la place idéale dans le coin de votre cerveau. Mais si vous savez LA place, celle qui est suffisamment proche de la fenêtre pour éviter que l’idée ne dépérisse au fond de la pièce noire fourre tout qui sert à stocker les bonnes intentions, les résolutions de nouvel an, aussi bien que les délires des soirées de beuveries ; mais pas trop proche non plus, histoire que l’idée ne se transforme pas en obsession, on en a vu souvent ne pas sortir la débroussailleuse à temps et finir étouffer sous le poids de leur propre création, ou ne jamais oser en faire profiter les autres de peur qu’elle prenne froid.

Pour faire fleurir, ne nous leurrons pas s’il est nécessaire d’avoir une bonne dose d’humilité pour commencer et poursuivre ce type de projet, nous n’arriverions à rien sans un ajout régulier d’engrais à base d’égo. Pour faire fleurir une bonne idée, il faut lui accorder les soins et le temps requis. Il faut qu’elle puisse s’épanouir, qu’elle puisse surprendre son géniteur, qu’elle s’enracine chez la voisine, qu’elle fasse des croisements inattendus.

Pour cela, nous avons listé deux méthodes éprouvées, chacune avec leurs avantages et leurs inconvénients. Mais on vous détaillera ça un peu plus tard...


mercredi 10 octobre 2012

Phylactères


Tout le monde ne sait pas ce qu'est un phylactère. Certains, comme nous, ont pu découvrir ce mot en lisant le Journal de Spirou il y a de ça quelques décennies, lorsqu'y paraissait la BD de Gennaux (puis ensuite de Gennaux et Cauvin), l'homme aux phylactères.


Le "phylactère" pour une bande dessinée, c'est le nom savant pour dire "bulle" (les deux mots sont tous deux assez jolis par ailleurs). Mais initialement, c'était un morceau de parchemin porté en talisman sur lequel étaient notés des textes sacrés ou des paroles magiques.

Il existe plusieurs formes reconnues de phylactères dans une BD, bien que la couverture de l'homme aux phylactères ci-contre n'en montre qu'une.



Dans le scénario de La Case Blanche, nous avons décidé depuis le départ de ne jamais montrer les personnages en train de penser. Tous leurs sentiments et autres idées intérieures sont à la charge du lecteur, aiguillé en cela par le dessin et les actions des personnages.

De ce fait, dans La Case Blanche, vous ne verrez jamais ce phylactère-là:



lundi 30 juillet 2012

Ca doit faire déjà 3 ans qu’on dit que ça fait 10 ans...

qu’on a débuté ce projet.


L’écriture a pris des années, au sens propre. D’une passion commune pour la bande dessinée et d’échanges fructueux en partages éclairés (il faut dire ce qui est ;) ), nous avons fini par nous décider à mêler nos idées et nos envies pour raconter une histoire.

Et ensuite ça a été pas mal de sessions de travail par e-mails, de longs et fructueux échanges, entrecoupés (travail et famille obligent) par des silences - jamais pesants - et quelques revirements complets d’angle d’attaque. Nous sommes ainsi passés d’un univers médiéval fantastique brutal et sombre avec un héros à la Snake Pliksen (pour les amateurs), à une ville des USA des années 30 pour finir par porter notre choix sur l’Afrique coloniale, le tout sans jamais perdre de vue les contraintes fixées au départ par choix.

Pour rire, on vous a mis à côté une esquisse de planche qu’on a faite du temps (antédéluvien) de la toute première version du scénar. Selon les notes prises à l’époque, il s’agissait de la 4ème planche de l’album prévu. On ne savait pas trop ce qu’allait donner notre découpage, d’où l’idée de voir un peu ce que ça pouvait donner « en vrai ».

C’était avant Massiré, avant tout dessinateur lié au projet, comme l’atteste la "qualité" des croquis…

vendredi 20 juillet 2012

Le dogme

 
Nous avons prévu le découpage des deux tomes de La Case Blanche selon une matrice type gaufrier 3x4.
Ca fait un peu dogmatique, et ça l'est effectivement mais ce n'est pas sans raison.
Il y a une raison esthétique, il y aussi que des oeuvres majeures de la BD ont utilisé ce découpage et puis (et surtout), ce type de contrainte sert l'histoire de La Case Blanche. On peut même dire que sans cette rigueur géométrique, le scénario perdrait sans doute pas mal de sa force.

Un gaufrier 3x4, c'est 12 cases de tailles identiques sur la même planche comme sur ci-dessous.



De notre côté, on s'est "offert" la possibilité de fusionner deux cases ou plus, pour en obtenir de plus grandes selon nos souhaits de découpage.

Par exemple, la description de la planche n°1 est basée sur les dimensions de cases suivantes.




Quant à celle de la planche n°2, elle est basée sur une planche composée strictement de cette façon:






jeudi 1 décembre 2011

Pourquoi une BD ?


Des idées qui se télescopent, qui prennent formes, maintes et maintes fois malaxées, refondues, triturées et qui finissent par trouver une terre fertile dans cette Afrique occidentale à la fois proche et lointaine, et en ce début de XXème siècle, lui aussi si loin et si proche.

Quoi de mieux pour écrire un polar noir en droite file des romanciers français des années 70, pour proposer une vision implacable du destin… tout en s’amusant à laisser un peu de boulot au lecteur… après tout : il participe lui aussi !

Bref, une bd pour se faire plaisir et pour avoir l’audace de penser que le plaisir ça se partage.