dimanche 17 mars 2013

Filiation potagère (épisode 1)

 
Avant que l’on commence à s’atteler au projet de La Case Blanche, nous avions écumé pas mal les librairies et les bibliothèques, ce qui nous avait permis d’acquérir comme beaucoup un certain bagage sur le neuvième art. Il faut dire que c’était plus facile avant, l’offre était alors bien moindre qu’actuellement et on pouvait suivre l’actualité de la BD (tâche quasi-impossible de nos jours si on n’y passe pas tout son temps de loisir). Nous discutions ainsi régulièrement de l’intérêt des parutions du moment ou commentions à l'envie le dernier album de tel auteur.

La critique est aisée, mais l’art est difficile : au bout d'un moment, il a bien fallu se rendre compte à l'évidence de la maxime. Et à bien y réfléchir, c'est dans le « chiche ! » qui a suivi qu'est l’impulsion première de notre projet.
Ensuite, pour définitivement démarrer notre motoculteur, il ne restait plus qu'à lui raccrocher une bonne idée.

Des idées, on en a tous les jours, des bonnes idées c’est un peu plus rare mais ça se trouve tout de même assez facilement. Le plus délicat, c’est de parvenir à « en faire quelque chose », à la faire vivre, à lui trouver un terreau adéquat, ni trop gras, ni trop acide, ni trop calcaire, lui fournir de l’eau de qualité en quantité suffisante et puis, surtout, lui dénicher la place idéale dans le coin de votre cerveau. Mais si vous savez LA place, celle qui est suffisamment proche de la fenêtre pour éviter que l’idée ne dépérisse au fond de la pièce noire fourre tout qui sert à stocker les bonnes intentions, les résolutions de nouvel an, aussi bien que les délires des soirées de beuveries ; mais pas trop proche non plus, histoire que l’idée ne se transforme pas en obsession, on en a vu souvent ne pas sortir la débroussailleuse à temps et finir étouffer sous le poids de leur propre création, ou ne jamais oser en faire profiter les autres de peur qu’elle prenne froid.

Pour faire fleurir, ne nous leurrons pas s’il est nécessaire d’avoir une bonne dose d’humilité pour commencer et poursuivre ce type de projet, nous n’arriverions à rien sans un ajout régulier d’engrais à base d’égo. Pour faire fleurir une bonne idée, il faut lui accorder les soins et le temps requis. Il faut qu’elle puisse s’épanouir, qu’elle puisse surprendre son géniteur, qu’elle s’enracine chez la voisine, qu’elle fasse des croisements inattendus.

Pour cela, nous avons listé deux méthodes éprouvées, chacune avec leurs avantages et leurs inconvénients. Mais on vous détaillera ça un peu plus tard...


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