dimanche 18 février 2018

Chaka

On attendait sa sortie depuis quelques mois et on a enfin réussi à mettre la main dessus: Chaka, la bande dessinée très récemment sortie, avec Koffi aux pinceaux et Jean-François Chanson côté scénario !

L'histoire est  une adaptation du roman éponyme de Thomas Mofolo, écrivain né fin XIXème siècle au Lesotho qui a appris l'anglais sous l'influence des missionnaires installés dans le pays. Ses premiers écrits sont ainsi empreints de christianisme jusqu'à Chaka où il s'attaque à un personnage né avant la christianisation de l'Afrique. Le roman en question est considéré par beaucoup comme la première contribution majeure de l'Afrique noire au corpus de la littérature mondiale moderne, c'est dire le défi relevé par Jean-François Chanson et Koffi !

Leur bande dessinée se lit d'une traite, principalement grâce à la fascination exercée sur le lecteur par le personnage principal. Ce dernier oscille entre le statut de héros d'une nation (la nation zoulou, en l'occurence) et celui malheureusement plus classique de tyran mégalomaniaque sanguinaire.
D'un côté, on est en terrain connu; il s'agit de la biographie romancée d'un Personnage Historique majeur (notez les majuscules), au même titre qu'un Napoléon Bonaparte ou qu'un Jules César. De l'autre côté, aux yeux des européens que nous sommes,  le récit est fortement empreint de magie africaine et de paysages du Zululand dessinés par Koffi.
C'est ce contraste qui donne à l'ensemble une saveur toute particulière, à la fois familière et exotique.

Bref, un album à se procurer sans tarder et que l'on aurait presqu'envie d'offrir à Messieurs Nicolas S. et Henri G.
 

dimanche 14 janvier 2018

Légère Amertume: Projet accepté !


On le sait depuis quelques semaines mais ça fait toujours bien de commencer l'année avec une bonne nouvelle ;) : "Légère Amertume" a été acceptée par L'Harmattan BD et la maison d'édition a déjà prévu une arrivée sur les étals des libraires avant la fin 2018.

C'est pour nous une très grande joie d'aller de l'avant avec Koffi sur ce second projet et de le voir se concrétiser sous sa plume.
Nous avons déjà dû esquisser un draft de couverture pour le dossier de présentation à l'éditeur. Du coup, on vous le montre ci-contre pour la version crayonnée et ci-dessous en plus grand (parce qu'elle le vaut bien) la version encrée.

C'est bien sûr Adjoua qui y tient le haut de l'affiche !










 
 
 


dimanche 17 décembre 2017

Légère Amertume: Adjoua âgée

A la décrire de loin, sans la connaître, on pourrait penser à Adjoua comme d'un monument de sagesse tranquille. A la sortie de l'adolescence, elle a en effet su transcender la promesse d’un avenir réglé et alangui pour mieux incarner les utopies d’une jeunesse éprise de liberté, de connaissance, d’émancipation et de futur.
 
Dès lors, à l'heure où ses tempes se sont fait définitivement grises, on pourrait la croire parvenue au recul bienfaisant, emplie de bonne parole, une tarte aux pommes prête à mettre au four. Ce serait bien mal la connaître.
 
Le poids de son appareil photo, même devenu numérique, pèse certes plus lourd sur ses épaules, mais cela ne l’empêche pas de continuer de visiter le monde et ses alentours.
 
Chaussée de tennis, le regard vif et malicieux, Adjoua n’a rien de l’abonnée aux circuits touristiques lambdas, elle a encore besoin de rencontrer les autres, de graver sur la pellicule ces réalités que le modernisme et le béton veulent à tout prix faire disparaître.
 
La sagesse et le repos attendront encore un peu, il reste tant de chose à voir.

dimanche 19 novembre 2017

Légère Amertume: Adjoua adulte

Adjoua a bien grandi. Désormais c’est une adulte responsable, d’aucuns diraient tête brûlée ou en mal d’amour, elle se qualifie d’engagée.
 
Après une enfance aux accents de miel, Adjoua a découvert le monde moderne et sa brutalité au lycée. L’ouverture à la politique qui se conjugue avec la censure, la volonté de changer le monde pour faire comme dans les romans. Bousculer le monde fut longtemps son seul idéal.
 
Au fil des ans et des désillusions, Adjoua a compris que pour changer le monde, il fallait déjà le connaître et, pourquoi pas, le faire connaître. Ses idéaux se sont mués en connaissance, elle a su prendre du recul en même temps qu’elle passait la sangle d'un appareil photo autour de son cou.
 
Grand reporter, c’était le rêve d’une vie, pouvoir crapahuter dans l’horizon rêvé, en tant que femme en plus. C’est sûr elle revenait moins à la maison, la cuisine semblait bien vide sans sa mère.
 
Mais le thé ça se transporte et puis il y a ces conflits, ces exactions, ces abus à quatre coins d’une Afrique que l’Occident continue de replier dans la misère et l’archaïsme.
 
Non, décidemment, le monde doit savoir.

dimanche 15 octobre 2017

Légère Amertume: Adjoua enfant

 
 
Voici Adjoua, petite fille que l’on imagine facilement chipie, elle n’en reste pas moins fragile – la première scène vous la montrera plus sensible qu’il n’y paraît, mais on reviendra là-dessus au cours d'un autre post.
 
L’un des moments qu’elle préfère c’est lorsqu’elle rentre de l’école et vient faire ses devoirs dans la cuisine avec sa mère. C’est le moment des pâtisseries, du coloriage, des histoires que l’on raconte, un peu comme  les hommes sous leur arbre, mais des histoires plus secrètes, moins connues et plus intimes. Surtout, le retour de l’école est synonyme de thé, l’odeur forte et suave de la menthe qui se teinte d’amertume au contact de l’eau: heureusement, le sucre vient rééquilibrer tout ça !
 
C’est un peu ça l'enfance d’Adjoua, une vie pleine de joie de vivre, de sucre pour harmoniser une existence que l’on qualifierait sans doute trop rapidement de simple.