dimanche 19 mars 2017

Des nouvelles des Dogues Noirs

Nous vous l'avions expliqué dans ce post et Massiré en parlait aussi dans le report doit d'abord finir d'illustrer la bande-dessinée "Les Dogues Noirs" avant de continuer le boulot sur la Case Blanche.

Aux dernières nouvelles, après une période d'accalmie, le projet avance bien. 
Le story-board est complètement terminé et les crayonnés des 20 premières pages sont bien avancés: "Il reste juste à les aboutir", nous a dit Mass il y peu.On est impatient de voir le résultat final (oui, on fait partie des chanceux qui ont vu et lu tout le story-board ^^) et, en attendant, voici à droite une des planches esquissées au crayon par l'ami Massiré
 
 

dimanche 19 février 2017

Planche 8 : découpage et story board

Moïse et Giuseppe se sont enfuis du village africain et s'apprêtent à retourner en ville. Changement de décor, changement de chapitre, avec cette planche no. 8 se termine donc le premier chapitre de la Case Blanche, qui en compte(ra) 9 en tout. Voilà ci-dessous son découpage et le storyboard pour celle-ci.
 
Lieu: Extérieur (près du village)
Heure: Début de matinée
 
Description Case A1: La voiture vue de haut sur une piste, elle a quitté la « zone du village » depuis un petit moment… un oiseau (toujours le même) la survole. Les tons sont ocres.
 
Description Case B1: on suit l’oiseau, on comprend qu’il a devancé la voiture… il survole désormais une zone déboisée, une ancienne mine à ciel ouvert, il y a clairement une cassure avec la jungle juste avant, ici nous avons affaire à un paysage calciné, brûlé, meurtri… à la limite du morbide.
 
Description Case C1: On voit la ville, un port en bord de fleuve, un peu de haut, ce qui permet de distinguer son énorme quai, la place d’un quartier assez aisé au vu des maisons, et des maisons ou bicoques éparpillées qui vont jusqu’à la jungle de manière anarchique… mais c’est vraiment l’impression de port, sa fonctionnalité qui domine (toujours l’oiseau en piste).
 
 
 

dimanche 15 janvier 2017

"La profession tient de l’art mais aussi et surtout de l’artisanat"

Le titre de ce post est une phrase de Benoît Peeters, que les amateurs de bande dessinée connaissent surtout en tant que scénariste des Cités Obscures, mais aussi pour ses ouvrages majeurs d'analyse de la BD*. L'homme est également depuis 2014 le président de l'association des Etats Généraux de la Bande Dessinée dont les buts sont d'établir un constat global et sérieux sur le monde de la BD, de recueillir les doléances de ses auteurs et, au final, de proposer des réformes pour améliorer la situation actuelle.
C
ar, comme le disait le même Peeters lors de la création de l'EGBD, « oui, la bande dessinée se porte plutôt bien artistiquement ; non, la bande dessinée ne se porte pas si bien que ça sur le terrain économique. ».
La grogne a débuté en 2014 avec l'augmentation, sans concertation des intéressés, du prélèvement pour la retraite complémentaire des auteurs de bande dessinée. La mesure a été la goutte qui a fait déborder le vase et les auteurs de BDs se sont tout à coup rendus compte de la précarité de leur travail. Peeters et quelques autres, ne souhaitant pas limiter le débat à la simple augmentation du prélèvement pour la retraite, ont créé l'association des Etats Généraux de la Bande Dessinée et lancé une série de travaux décrits dans les statuts de l'organisme.
A ce jour, une vaste enquête menée auprès des auteurs a permis la collecte de très nombreuses données quantitatives sur leurs conditions  Celle-ci devra être complétée par des données plus qualitatives assez rapidement, puis l'ensemble devrait être étendu aux autres métiers du média (éditeurs, libraires).
 
Le constat principal est que l'on ne peut pas mettre sur le même pied un romancier, un journaliste ou un essayiste avec un auteur de BD. La profession de bédéiste (et honnêtement surtout celle de dessinateur - l'ami Massiré en sait quelque chose !) est très proche de celle de l'artisan. En particulier, le temps de travail est difficilement compatible avec un autre métier et la possibilité d'une rémunération provenant d'un éventuel second emploi est bien plus rare.
 
Pour en savoir plus, l'entretien complet de Benoît Peeters accordé en novembre dernier est accessible ici.
 
 
D'ici une grosse dizaine de jours, le prochain festival d'Angoulême va ouvrir ses portes. Pour la première fois cette année, les auteurs de BDs conférenciers y seront rémunérés et l'EGBD espère pouvoir y officialiser une première série de propositions. A suivre, donc...
 
 
 
 
 
* en particulier sur Tintin, mais pas que. Jetez un œil attentif sur le lumineux "Lire la Bande Dessinée" paru chez Flammarion pour vous en persuader.
 

dimanche 18 décembre 2016

La terre promise



Ceux qui suivent ce blog depuis quelques temps connaissent notre attachement à certains "créateurs" de tout poil qui nous ont inspirés d'une façon ou d'une autre lors de l'écriture du scénario de La Case Blanche. En particulier, nous vous avons déjà parlé par deux fois de Manset (une fois ici et une fois ) dont l'œuvre nous touche tout particulièrement.

Il s'avère que l'Animal, après un album récent qui ne nous a qu'à moitié* conquis, vient de sortir  "Mansetlandia", un coffret imposant de 19 CDs retraçant pas loin de 50 années de création musicale.
Sur les plus de 180 titres qui composent ce coffret, il n'y a que trois véritables inédits et l'intérêt d'un tel objet peut paraître faible pour les aficionados de l'œuvre de Manset que nous sommes. Ceci dit, le travail de remastering sur les vieux titres (dont certains n'avaient jamais connu l'ère numérique jusqu'à maintenant) est époustouflant. En particulier ceux qui, comme nous, ont au mieux des vynils usés et au pire des ripages mp3 de ces mêmes vinyls, la post-production sur ces morceaux anciens (on pense à Caesar** entre autres) est lumineuse et donne à l'ensemble un ton cohérent malgré les décennies écoulées.

Seul regret du coup, on aurait tant aimé que ce coffret soit une réelle intégrale et pouvoir enfin écouter dans les mêmes conditions audios que ces 187 titres l'ensemble de l'album blanc de 72 (dont Manset n'a relifté ici que 3 morceaux) et les autres omissions de ce coffret. Mais ne boudons pas notre plaisir, l'objet est beau, le prix (80 euros environ) reste plus qu'honnête au regard des heures d'écoute et objectivement dérisoire compte tenu de la qualité de l'ensemble.
 
Conseil: s'il vous manque une idée de cadeau pour Noël, n'hésitez pas à offrir un ticket aller pour Mansetlandia, c'est un sacré voyage !


* au sens littéral du terme !
** pour les secs, la version youtubesque qui a été mise en ligne sur la base du vinyl il y a quelques années et qui regroupe les deux versions, française et latine :

 

dimanche 20 novembre 2016

Providence tome 2: "L'abîme du temps"

Bien que le premier tome s'était avéré captivant, on pouvait pourtant s'interroger sur le projet global "Providence" conçu par Alan Moore: au delà d'un simple catalogue des "places to be " (ou plutôt des "places not to be"...) imaginés par Howard Philip Lovecraft, à quoi devions-nous nous attendre ?

Ce tome 2, tout en s'avérant aussi passionnant que le précédent, n'apporte pas tous les éléments de réponse (forcément vu que ce n'est pas le dernier) mais on y aperçoit les premiers vrais signes d'un truc immense, tissé et peaufiné dans ces moindres détails par Alan Moore, comme à sa divine habitude. On vient même à se demander si le Néonomicon ne s'avèrera pas, paradoxalement, être la touche finale de ce projet (mais restons prudent, le maître de Northampton peut s'avérer plein de surprises).
 
En tout cas, il se dégage de ce nouveau tome un niveau d'horreur et de folie générale supérieur au précédent, ce qui n'est pas une mince affaire.... Et, autant vous le dire tout de suite, cet album n'est pas à mettre entre toutes les mains, l'expérience pourrait même s'avérer traumatisante pour des tout jeunes lecteurs car Moore arrive à jouer avec son lecteur comme il joue avec son héros Robert Black. En particulier, l'épisode se déroulant à Manchester (dans le New Hampshire) s'avère d'une maîtrise scénaristique époustouflante.

Mais on ne vous en dira pas plus sinon vous risquez de perdre de la santé mentale avant de débuter la lecture de cette BD ;)