dimanche 9 septembre 2018

Légère Amertume: de la photo au dessin

La dernière fois, nous vous avons parlé de la difficulté du passage de la description écrite au dessin. Pour ce projet, nous avons aussi évidemment utilisé la photographie en recherchant des illustrations ça et là pour alimenter l'imaginaire de Koffi.
Et, quelquefois, lorsqu'il a fallu être très précis, nous avons même sorti l'appareil photo pour un shooting, comme cela a été le cas pour les planches sur le Gong Fu Cha.

Le Gong Fu Cha est une méthode chinoise traditionnelle, plutôt précise, pour faire le thé et il nous est paru préférable d'aborder cette partie là d'une façon assez minutieuse (si vous voulez en savoir plus, il va falloir attendre que "Légère Amertume" soit éditée ;) ).

On a donc pris le temps de prendre nous-mêmes en photo les étapes de la méthode en question, une à une, et d'envoyer le tout à Koffi.

Il faut savoir que le Gong Fu Cha utilise en général différents ustensiles assez typiques, dont des petites théières en argile locale. Voici donc l'objet original en photo plus haut et sa version dessinée par Koffi en dessous. Bluffant, non ?







dimanche 12 août 2018

Les Dessous de Pointe-Noire


On a mis la main sur Les Dessous De Pointe-Noire, le dernier né de la collection L'Harmattan BD.
Première impression quand on a la bande-dessinée en main: on salue une nouvelle fois le passage à la couverture rigide qui est  effective depuis quelques albums, elle  hausse indubitablement le niveau qualitatif des albums.

Mais passons au contenu !

L'histoire est tirée de faits réels et n'est pas sans rappeler le Paris Vaille Que Vaille de l'ami Koffi Roger N'Guessan. Toutes deux sont des récits de femmes africaines qui rêvent de quitter leur pays en épousant des occidentaux.

KHP, l'auteur de la BD, maîtrise les codes de la narration mais c'est surtout son dessin qui subjugue: un noir et blanc d'un réalisme impressionnant. La couverture ci-contre est peut-être le dessin le moins réussi de l'album, à moins que ce soit le passage à la couleur qui dessert le trait de KHP.
Ce dernier dessine au stylo à bille Bic et sa performance n'en est que plus extraordinaire (mais comment réussit-il ses ombrés si délicats ?! Vous aurez un aperçu du talent du monsieur en cliquant ici).

L'auteur a aussi participé aux albums collectifs Chroniques de Brazzaville et  Nouvelles d'Afrique que l'on va vite se procurer pour retrouver le coup de "stylo" hors norme de KHP.





dimanche 8 juillet 2018

Légère Amertume : de l'écrit au dessin


On vous a déjà parlé, au travers d’une correction de bug, de la nécessité de relire attentivement le travail des uns et des autres. D’ailleurs, quand on y pense, les artistes qui travaillent seuls doivent faire de grands efforts pour parvenir à se relire aussi minutieusement étape après étape.
Nous allons entrer un peu plus dans ce processus de relecture en vous proposant un second exemple issu de la réalisation du chapitre 2 de "Légère Amertume".

Abordons ici la manière dont on passe de l’écrit au dessin. Si vous lisez la description ci-dessous de la case B1 de la planche 20, vous pouvez voir deux éléments intéressants, d’une part « on comprend » et d’autre part la mention d’un gars à la proue du bateau au premier plan. Vous avez là l’exemple type de plusieurs stupidités d’écritures.


On ne doit pas « comprendre », au sens de deviner, pour une telle image, cela doit être vu immédiatement. Il  y a ici une mauvaise description de l’action, de son effet en tout cas.
Le point le plus grave est sans aucun doute le personnage. En effet, étant donné l’échelle de l’action et ce qui s’y déroule, le personnage en question serait tout petit pour le lecteur et son action n’aurait aucun sens (elle ne rendrait en rien le tout plus lisible et comme il ne s’agit pas d’un personnage récurent de l’histoire aucune curiosité ne viendrait s’y greffer).
Troisième élément assez stupide, pour « remplir » la case pleinement il faudrait que le bateau au premier plan remplisse une énorme partie de la case, ce qui nuirait à la lisibilité et risquerait de fausser l’angle de lecture.

Heureusement, Koffi a intuitivement compris les problèmes posés par ces trois éléments en conservant un angle de lecture optimal et en profitant du vide de la case pour glisser un gros plan sur le personnage avec sa longue vue. De plus, ce n’est pas rien, la présence en plan serré du dit personnage vient renforcer l’impact du texte.


Quand les scénaristes reçoivent un tel ajout, ils sautent au plafond de bonheur (réellement) et prennent ensuite le temps de corriger l’angle de longue vue pour le rendre plus horizontal afin d'améliorer encore la lisibilité.




Le scénario n’est pas, selon notre opinion, une liste de courses à suivre. C’est avant tout le point de rencontre de différentes lectures et interprétation, le résultat final étant bien souvent le juste milieu de ces lectures convergentes.

dimanche 10 juin 2018

Les Dogues Noirs: Un projet de couverture

http://www.lacaseblanche.com/2015/08/un-autre-projet-les-dogues-noirs.htmlL'album de Mass et de Christophe Cassiau-Haurie sur la première guerre mondiale en Afrique avance bien. Nous relayons autant que possible les dessins que Massiré poste sur les réseaux sociaux via la page Facebook de la Case Blanche.

Et voici un premier projet de couverture pour les Dogues Noirs de l'Empire. En toute impartialité, on trouve le cadrage et la perspective au top. Le fusil est pointé sur le lecteur qui a l'impression  d'être comme étendu sur le sol du champ de bataille, à la merci du soldat.

On a vraiment hâte de voir l'effet que ça aura au final sur les rayonnages des libraires !

dimanche 13 mai 2018

Légère Amertume: la deuxième planche encrée et en couleurs

La première planche avait permis la mise en place du décor (à savoir Abidjan en 1954). Elle s'était terminée sur une petite fille, Adjoua, revenant de l'école.

Cette seconde planche sert essentiellement de transition entre la vue générale de la ville et la maison où habite l'héroïne.
La rencontre anecdotique avec le bonhomme qui fume une cigarette (dont on avait parlé dans le post précédent) permet d'amener le premier ressort narratif de l'histoire, à savoir le chagrin d'Adjoua.

C'est ce dernier élément qui amène le lecteur à tourner cette seconde page pour découvrir la suite de l'histoire.