dimanche 15 mai 2016

La cinquième couche

Poster un article de temps à autre sur un blog est un peu la version moderne du message dans la bouteille que l'on jette à la mer. D'un autre côté, se plier aux exigences du "100% communicant" est une posture paradoxale puisqu'à force de communiquer on ne dit plus rien.
En ce qui nous concerne, nous nous efforçons de ne pas tomber dans la frénésie des annonces insignifiantes pleines de lendemains qui chantent comme "aujourd'hui on a écrit 3 pages" ou bien "Massiré a terminé la typo de la troisième bulle de la planche 8". A l'opposé, lorsque les nouvelles sont moins bonnes, se pose la question d'en parler ou non.
 
Le fait d'avoir un éditeur, cela nous a permis d'être soudainement connectés de façon directe ou indirecte à une pléiade d'auteurs. Dès lors, cela donne forcément des ailes, des envies et, comble du malheur pour les futurs lecteurs, des idées.
Avoir une idée, que l'on juge bonne, trouver un artiste prêt à s'engager à vos côtés pour la faire vivre, la sortir de la glaise boueuse de l'attentionnalité pour la plonger dans le creuset de la réalisation, puis aguicher avec tact et finesse votre éditeur pour lui proposer ce nouveau projet, c'est une nouvelle chance et de nouveaux espoirs.
Alors, contre toute attente, quand cela ne peut aboutir, on se demande s'il est bon de finalement "communiquer" sur le projet. Et puis, on se dit que l'on est stupide, il ne s'agit pas de "planification de projet" ou de "communication", mais de partage, d'envie, d'aléas, de vie, d'instants à partager.
 
Vous l'aurez compris: après un démarrage en trombe, un de nos projets (dont on ne vous a pas encore parlé) a préféré rester dans le carton "en cours" pour l'instant, plutôt que de tenter une immédiate transhumance avec nous, alors que nous étions en plein dans ce que Scott McCloud* appelle la cinquième couche (ou la cinquième étape), à savoir la réalisation pure et dure. 
Mais ce n'est que l'occasion pour nous de: Ce n'est pas comme si c'était la première fois que l'on devait faire face à ce genre de situation... 
Et puis, surtout, nous avons encore l'envie et les idées.


* Si, honte à vous, vous n'avez jamais lu d'ouvrages de Scott McCloud, les deux extraits de cette page peuvent vous donner un idée du style limpide de l'auteur. Ensuite il ne vous restera plus qu'à jeter un œil là-dessus pour vous donner envie. 

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